Des êtres pyrénéens

Une image associant la grotte et le petit être de la nuit, se retrouve le long des Pyrénées, parfois sous forme féminisée, comme. en Comminges et Couserans où Gratacos recense 36 tutas deras Hadas (des grottes aux Hadas). Là où le mythe coïncide avec la grotte, elle note que cette dernière fut habitée à l’époque préhistorique ou protohistorique. L’auteur exploite cette idée en termes de peuplement.

Elle dit : « les Hadas sont soeurs des lamias basques, comme elles, liées à l’eau, aux fontaines et comme elles y lavant leur linge. Comme elles, aussi, entretenant avec les humains un type de relations bien caractérisé ; il y a toujours, dans les associations ou « mariages » avec un humain des lois, dictées par elles, lois à ne pas transgresser si l’on veut voir durer l’union. Comme chez les lamina le thème de l’or est souvent présent. En Pays basque, toutefois, c’est surtout dans les grottes où vit la déesse Mari que les parois de pierre sont tapissées d’or. Les chtoniennes Hadas sont peut-être le souvenir même des lamina et de Mari : les « grottes à Hadas » sont souvent devenues lieu de culte marial, en Comminges » (p. 218).

Marliave les décrit sous forme de : « génies aux pieds palmés vivent souvent aux abords de mégalithes, sur les rives de torrents ou dans des grottes ». Il publie de nombreux témoignages où les mythes se rapportant au couple Lamin-Hadas se correspondent quasiment terme à terme.

Ravier a montré également le parallèle entre les fées landaises, les Hadas de Bigorre et les Lamin d’Euskal-herri. Cet auteur avait déjà montré la singularité et la cohérence d’un corpus mythologique pyrénéen. Certains mythes sont même identiques, d’Euskal-Herri en Bigorre. Il conclue : « une telle identité n’est-elle pas une preuve nouvelle et éclatante de ce que l’on savait déjà grâce à d’autres disciplines, linguistiques et histoire notamment, à savoir que les contrées pyrénéennes et sub-pyrénéennes, disons de l’Atlantique au bassin supérieur de la Garonne, appartiennent à la même aire culturelle » (p. 148).

Des segments de récits comme l’étrange ( !?) : « blanc au-dessus » (xuri gora) se retrouve du Couserans à Ataun, Dima et Yurre.

On peut déduire de cet aperçu que le thème que recouvrent les mots Lamin, Hada ... est assez homogène.

Seuls les Basques ont conservé le mot Lamin qui sonne comme un mot gréco-latin.