La Lamin « d’origine gréco-latine » ?
Grèce : à l’origine du mythe c’est une jolie femme amante de Zeus. Elle eut des enfants avec lui, mais son épouse Herda, jalouse, les fit mourir. Depuis, elle devint une mère dénaturée, un monstre lié à la mer et qui fait peur aux enfants. Les récits la chargent : c’est une femme, de grande corpulence ; elle est gloutonne ; elle boit du sang ; elles sont sales, stupides ; elle vit en compagnie des dragons ; on lui attribue la mort des enfants ; on la rencontre dans des endroits inhabités comme les déserts et les grottes. Elle attire à elle par le charme, le chant.
Elle revêt plusieurs formes selon les cultures :
En Lybie (selon Euripide) c’est une reine qui vit dans une grotte et qui est redoutable par le charme qu’elle exerce sur les humains,
Pour les latins c’est Lame, la femme oiseau ou harpie (représentée sur des mosaïques), que le christianisme assimilera au démon.
Le christianisme antérieur au XIIe siècle représente ces harpies, ces femmes oiseaux. Bien que oiseau griffu, cette entité agit en mer.
En effet, une confusion s’introduit alors avec les sirènes qui chantent et qui charment les navigateurs. Le Liber monstrorum médiéval la décrit comme étant « des jeunes filles de la mer [jusqu’au] nombril elles sont semblables au corps d’une vierge et au genre humain, mais elle possèdent une queue de poisson couverte d’écailles ».
Au cours du XIIe siècle, après avoir cohabité un certain temps, la harpie s’effacera devant l’image de la femme poisson à double queue, qui deviendra l’un des thèmes favori des sculpteurs romans et de leurs successeurs. Image du péché, par son geste impudique elle évoque la prostitution ; le peigne et le miroir qui lui sont associées vont dans le même sens en suggérant la tentation, la provocation, la séduction, le vice et la pécheresse.

