Herensuge, le serpent ou le Dragon
Le serpent (ou le Dragon) appartient à la mythologie Universelle. Il est un
élément important dans la conception tellurique des cultures antiques et influe
sur les croyances religieuses des peuples. Il fait partie sans nul doute du
trésor des légendes basques avec une grande variété de formes qui vont du monstre
pluricéphale aux météorites incandescents qui traversent les airs.
On ne sera pas étonné de voir avec quelle insistance l’Archange Saint Michel, terrassant le dragon est vénéré en Pays Basque, particulièrement en Navarre. C’est ainsi qu’une très belle légende navarraise dont le héros combat un dragon redoutable inspira Flaubert pour l’un des fameux Trois Contes : « Saint Julien l’Hospitalier ».
Herensugea mundu osoko mitologian agertzen da. Antzinako kulturen ikusmolde telurikoaren osagai garrantzitsu bat da eta herrien erlijiozko sinesmenetan eragin handia dauka. Euskal kondairek osatu altxorraren parte da, dudarik gabe, batzutan buruanitzeko munstrotzat, bestetan aireetan barna dabilen meteorito goritzat agertuz.
Ez da harritzekoa, beraz, herensugea suntsitu zuen Mikel goiaingerua ohoratua izatea Euskal Herrian, bereziki Nafarroan. Flaubert frantses idazleak bere aldetik, nafar kondaira eder bat – honen heroiak herensuge ikaragarri baten aurka borroka egin baitzuen - iturburutzat hartu zuen « Saint Julien l’Hospitalier » ipuin famatua idazteko.
L’homme et la couleuvre
A Ormazarreta dans la montagne d’Aralar, un berge avait été faire paître ses brebis. Il trouva le petit d’une couleuvre qui lui parut être un joli animal et il l’emporta dans un sac. Il lui apprit à boire du petit-lait… Ainsi tous les jours à la même heure, la jeune couleuvre venait boire le petit-lait.
Durant l’hiver les bergers descendent dans leurs maisons. Mais le berger de Ormazarreta, quand il remontait au printemps venait avec un sifflet et la couleuvre revenait comme avant.
Puis le berge vendit ses brebis et ne monta plus à Aralar.
Pourtant, une fois, il remonta à Saint Miguel de Aralar et en passant par Ormazarreta il dit à ses amis : « Je peux faire sortir un monstre d’ici ». Il commencèrent à se disputer et il sortit le sifflet et il siffla, alors apparut une énorme couleuvre. Le berger s’approcha pensant qu’elle ne lui ferait rien, mais quand la couleuvre vit qu’il n’y avait pas de petit-lait, elle l’entoura de la tête au pied et l’étouffa.
Le dragon de Urdian
Dans les environs de Urdian, le dragon sortait de son antre et mangeait chaque jour une jeune fille. La meilleure fille du village. Il y avait une vieille, un peu sorcière ; elle dit à la jeune fille : « Prends un petit œuf et frappe cinq fois la tête du dragon avec cet œuf. » Puis la sorcière lui procura l’œuf.
La jeune fille était en train de se peigner à l’entrée de l’antre du dragon quand un jeune homme apparût et lui dit :
- « Ah ! si seulement je recevais le baiser d’une jeune fille et trois chopines de vin, je dominerai ce monstre… »
Entre temps, la jeune fille frappa cinq fois la tête du dragon avec son petit œuf.
Au cinquième coup le monstre tomba raide mort.
Le dragon des Arbailles
Près de Ahuski, se trouve la grotte d’Azalegi. Autrefois y demeurait le Herensuge. C’était un serpent à sept tête. Avec son haleine, il aspirait jusqu’à lui le bétail de la montagne et le mangeait. Le fils d’un Comte de Zaro, d’Alzay, le tua. Il écorcha un jeune taureau et remplit sa peau de poudre et d’allumettes. Il la cousit, prit un cheval et s’avança avec cette peau-là jusqu’à la partie supérieure de la grotte. Et là, se mit à siffler. Puis, quand il se rendit compte que Herensuge commençait à se secouer et à bouger, il jeta la peau. Le serpent aspira la peau avec son haleine et l’avala. Le Comte, alors, retourna en arrière. Et il vit Herensuge en flammes volant à travers les airs vers la mer. En passant par dessus un bois, celui-ci faucha la cime des hêtres. Le Comte mourut de peur, Herensuge ne reparut plus jamais.