Les Hommes Forts - Illustration Claude LABAT - Association LAUBURU

LES HOMMES FORTS - GIZAKI INDARTSUAK

Dans la civilisation basque comme dans la tradition orale de tous les peuples anciens (Tibet, Grèce, Polynésie, Mexique…), on trouve des êtres supérieurs. Ce sont des géants, dotés de pouvoirs extraordinaires mais que l’astuce des hommes finira par détruire.

Dans la tradition basque, ces héros sont considérés comme vivant dans des temps très reculés. On connaît les Basa Juan (Hommes sauvages) qui se réfugient en montagne ; ils entrent cependant en contact avec les hommes pour leur transmettre des connaissances techniques. Dans les mentalités, les Gentils (les païens basques), dotés d’une force prodigieuse, sont supérieurs aux Basa Juan. Le mythe des Hommes Forts interfère avec les histoires merveilleuses de Samson ou de Roland.

Euskal zibilizazioan herri zahar guzien ahozko tradizioan bezala (Tibet, Grezia, Polinesia, Mexiko…) goi-gizakiak aurkitzen dira. Berebiziko podereak dauzkaten erraldoiak dira, gizakien abileziak suntsituko dituena.

Euskal tradizioan, antzina bizi ziren heroitzat hartuak dira. Mendian babesten diren Basajaunak ezagunak dira ; gizakiekin harremanetan jartzen dira ezagutza teknikoak helarazteko asmoz. Gogabideetan, indar ikaragarria daukaten Jentilak Basajaunak baino azkarragoak dira. Gizaki Indartsuen mitoak zerikusia badu Samson edo Roland-en kontakizun miresgarriekin.

Le Chandelier de Saint-Sauveur :

Il y a sept ou huit cents ans, Mendive ne possédait que les maisons Lohibarria (vallée de boue) et Miquelaberroa (haie des Miquels). Un jour, le valet de ferme de Lohibarria surnommé Hacherihargaix (renard difficile à prendre), alla chercher des vaches à Galharbeco Photcha (rocher de Galharbe). Là, il rencontra une dame sauvage (Basa Andere), qui avait nettoyé le chandelier et se peignait avec un peigne d’or. Il se dit qu’il devait ravir ce beau chandelier. Deux fois il le prit, mais la damme sauvage l’ayant aperçu, il dut le laisser deux fois. La troisième fois, il la trompa et partit, emportant le chandelier. La dame sauvage aussitôt qu’elle s’en aperçut, appela son père à grands cris. Basa juan était à la noce de Béhorléguy Mendi (Montagne de Béhorléguy) ; il arrive en deux sauts et poursuit Hacherihargaix jusqu’à Saint-Sauveur. En arrivant à Saint-Sauveur, Hacherihargaix s’écria : « Saint-Sauveur ! je vous apporte un beau cadeau ».

Aussitôt la cloche de Saint-Sauveur commença à sonner d’elle-même. Alors le seigneur sauvage dit à Hargaix : « Bien te prends que cette mauvaise sonnaille ait sonné, sans quoi je t’aurais dévoré. La première fois que je te rencontrerai à jeun, je te dévorerai. »

A quelque temps de là, apprès avoir battu du froment, Hacherihargaix alla un matin à jeun chercher ses vaches. En arrivant à la broussaille de Sohachipia (petit prairie), il aperçut le seigneur sauvage et se rappela sa menace. En se grattant la tête, il trouva quatre grains de froment dans ses cheveux. Il les mit aussitôt dans sa bouche te les mangea. Le seigneur sauvage disparut et il ne le vit plus. Depuis ce jour, il ne sortait jamais de chez lui sans avoir mangé.

Le chandelier qu’Hacherihargaix avait ravi à la dame et porté à Saint-Sauveur était jaune comme l’or. Il a été terni dans un incendie allumé par les espagnols. Alors on voulut le porter à Mendive, mais on n’a jamais pu le faire passer au-delà du col Haritz Kurutche(croix de chêne).

Basa Jauna et le Salve Regina :

Lorsque le village de Larrau fut fondé, le pays était couvert de forêts vierges, et le seigneur sauvage venait inquiéter les habitants, leur causant beaucoup de dommages en leurs biens. Alors le curé de Larrau établit l’usage de dire tous les samedis un Salve Regina à l’entrée de la nuit, et par ce moyen on parvint à éloigner le seigneur sauvage.