Lamia/Lamina

Les Laminak - Illustration Claude LABAT - Association LAUBURU

La mythologie basque connaît une entité appelée essentiellement Lamina (dans tout Iparralde) ou Lamia ; mais cette entité peut être pluriel : Laminak.

En dépit des variantes les plus larges, cet être possède quelques traits fondamentaux, jugés essentiels. En voici 10.

  • ce sont des êtres qui vivent dans des grottes, en montagne,
  • ils sont liés à la source ; elles lavent leur linge,
  • ils ont une activité essentiellement nocturne,
  • ils fuient le soleil dont les rayons les persécutent,
  • ils ont une apparence humaine : mâles et femelles, ils ont des enfants. Les femelles peuvent séduire les humains. Cependant cet aspect dérive beaucoup et se cristallise autour du cliché suivant : certains sont d’aspects humains par leur buste et poisson ou oiseau à partir du bassin. Ils sont donc à la fois « chrétiens » et « animaux ». dans d’autres cas ils sont petits et velus comme des singes, etc. Ils vivent sous terre mais dans des « etxe » : il faut frapper avant d’entrer, ces demeures ont des eskaratze.
  • elles séduisent ou tentent par des particularités de leur mode de vie (pain blanc et savoureux, peigne d’or...),
  • ce sont des êtres ambivalents (quand ils nous sont favorables, on leur fait des offrandes) ; du fait de leur mode de vie, leurs demeures ressemblent aux nôtres.
  • comme bien d’autres génies, ils pratiquent le tutoiement sous sa forme hika ; ils semblent même avoir une langue spéciale car on a recueilli bon nombre de termes et d’expressions que l’on ne trouve que dans ces récits : des onomatopées, des termes comme azkuzi/azkazi.... dans le sens de famille, de lignée ; ixurdu pour attraper.
  • notre attitude doit être orientée à son égard : nous retourner en sortant de la grotte, brise l’enchantement dont ils sont la cause ; violer l’interdit brise le don qu’elles font,
  • certains thèmes leurs semblent propres : la quasi obsession de la blancheur (le lait, le drap) ; l’inversion des valeurs (l’or dans leur monde devient charbon dans le nôtre) ; ils se font duper par un homme travesti en femme obligeant le Lamin a perdre son identité pour devenir « moi-même » (nere buru)

Le Lamin fait-il seulement partie du récit de divertissement ou bien est-il intégré dans le paysage, dans l’imaginaire ?

Voici deux témoignages à ce propos.

On retrouve le récit du Lamin dans la ruisseau ou dans le ravin, dans un pays de montagne. Mais surtout on note que :

  1. tous savent que les Lamiñ existent mais ceci ne doit pas être « public », c’est un savoir qui est de l’ordre du non-dit (remarquons que c’est un prêtre qui parle) ;
  2. le témoignage doit être gardé secret (afin de ne pas inquiéter inutilement les gens du lieu ?).