LES LAMIN - LAMINAK
Les Lamin (au pluriel Laminak) sont certainement les génies les plus populaires de la mythologie basque. Hélas, on les regarde trop souvent aujourd’hui à la lumière des dessins animés de Walt Disney et on les déforme en nains facétieux et rondouillards. Pourtant, les traditions recueillies sur l’ensemble du Pays Basque sont unanimes : les Lamin sont de petits êtres généralement de sexe féminin. Attachées à l’eau et à l’obscurité, elles entretiennent volontiers de bons rapports avec les hommes, édifiant des ponts ou des maisons ; quelques récits relatent des idylles avec des bergers. Mais les Lamin ne peuvent achever leurs travaux ni conclure de mariage avec les humains… Les Lamin sont d’un autre monde. On dit que la construction des oratoires a fait disparaître les Lamin, mais leur nom perdure toujours dans de nombreux toponymes.
Laminak dira segurki euskal mitologiaren jeinurik herrikoienak. Gaur egun zoritxarrez, Walt Disney-ren marrazki bizidunen eraginez, ipotx potolo eta jostakintzat ikusten ditugu. Alta, Euskal Herri osoan bildu tradizioek aho batez diotenez, Laminak izaki txikiak dira, gehienetan emakumezkoak. Urari eta iluntasunari atxikiak dira eta harreman onak dauzkate gizakiekin, hauentzat zubiak edo etxeak eraikiz ; zenbait kontakizunek laminen eta artzainen arteko amodio-kontuak ere aipatzen dituzte. Baina Laminei debekatua zaie obrak amaitzea, bai eta ere gizakiekin ezkontzea, beste mundu batekoak baitira. Otoiztegien eraikuntzak Laminen desagertzea ekarri omen du. Hala ere, haien izenak leku-izen anitzetan oraino aurkitzen dira.
La Lamin en couche :
A côté de la Maison Sorçaburu de Gotein, coule un ruisseau dont la source n’est pas éloignée. A côté de la source, dans une caverne, habitaient les Lamignac. Un jour, une Lamigna fut prise de douleurs. La Dame de Sorçaburu, qui était sage-femme, fut appelée pour la délivrer. Grâce à elle, l’enfant arriva heureusement. Le lendemein la sage-femme revint pour emmailloter l’enfant, et quand son travail fut fini, une lamigna lui offrit en paiement le choix entre deux pots à feu, l’un couvert d’or, l’autre de miel. La dame de Sorçaburu choisit le pot au couvercle d’or. Alors la Lamigna lui dit :
- « Ah ! tu n’as pas bien choisi. Le pot au couvercle d’or est rempli de miel, le pot au couvercle de miel est plein d’or.
La Lamin du Mondarrin :
Un jour une Lamin avait abandonné son peigne en or à l’entrée du gouffre du Mondarrain. Un berger le prit et l’emporta. La Lamin suivit le voleur jusqu’au bas de la montagne en lui réclamant son peigne. Elle le tenait presque à sa merci lorsque les premiers rayons du soleil apparurentet touchèrent le manteau du berger. La Lamin lui dit alors :
- « Remercie le Soleil, Berger ! »
Et elle regagna sa grotte.
Le berger amoureux d’une Lamin :
Un jeune homme de la maison Korrione se rendit un jour à la grotte Kobaundi où vivait une Lamin plus belle que toutes les chrétiennes de la terre. Il en tomba amoureux. La Lamin lui donna sa parole de se marier avec lui s’il devinait son âge. Le jeune homme expliqua tout cela a une voisine qui lui promit de se renseigner sur l’âge de la jeune femme de la grotte.
La voisine se rendit sur place et se disposa le dos à l’entrée. Puis, elle s’inclina en baissant la tête jusqu’à ses genoux et se posta ainsi en regardant derrière elle entre ses jambes. La Lamin sortit, et en voyant ce personnage, elle s’écria, épouvantée « J’ai 105 ans et je n’ai jamais rien vu de pareil ! ».
La voisine retourna à la maison Korrione pour donner le renseignement au jeune homme qui monta très vite à la grotte et annonça son âge à la Lamin. Elle accepta le mariage. Le fils parla de son projet à sa mère qui lui conseilla alors de regarder les pieds de la dame, craignant que ce ne soit une personne humaine.
C’est ainsi qu’il découvrit qu’elle avait des pieds de canard. Il en fût effrayé, tomba malade et mourut peu après. La Lamin assista à l’enterrement de son fiancé, mais elle resta à la porte de l’église de Garazarra.