Le thème du Lutin
Le thème du petit lutin exclusivement mâle, travailleur nocturne et constructeur de ponts, d’églises... a contaminé localement le thème des Lamin. Le lutin indo-européen fait partie d’un peuple naturel, sauvage. C’est un être velu et barbu qui a une forte proximité avec certains animaux dont la chèvre. Habitant des forêts et des montagnes, il est lié au domaine aquatique, au cours d’eau. Il est ambivalent ; tantôt il aide les hommes, tantôt il les tourmente. Il est lié au domaine de la mort ; on le confond même avec les âmes des défunts. Du fait de sa petite taille et de son type de vie sauvage, le Lamin a été souvent confondu avec ce lutin et ses formes apparentées comme les Intxixu (qui vivent dans les grottes) et autres Mikolas....
On retrouve l’influence de ces récits dans ceux où les Lamin « s’appellent tous Gilen » (hamabi mila baginen eta oro deitzen Guillen – voir Cerquand), lors de la construction de l’église d’Espes, du pont de Licq ; du château de Laustania à Ascarat, du jauregi de Saint Martin d’Arberoue... et construisent des édifices auxquels il manque toujours une pierre. Ces récits furent recueillis en Iparralde ; ils sont inconnus au sud.
Argument en faveur de leur intégration « en bloc » dans notre imaginaire collectif : les édifices construits par d’autres entités comme les Gentils et autres Mairi, sont complets.
On a bien l’impression que les conteurs ont plaqué l’image du lutin sur un vieux fond investi par les Lamin.
