MARI :
Mari est certainement le personnage clé de la mythologie basque. Mais , nous ne la connaissons aujourd’hui que d’après les récits recueillis au début du siècle par Barandiaran et ses collaborateurs. Depuis l’apparition de ce mythe, la société basque a été confrontée à de nombreuses civilisations (Ibères, Celtes, Romains…). Le personnage de Mari est donc témoin de bien des rencontres et il n’est pas étonnant aujourd’hui qu’il apparaisse si diversifié.
Les aspects et les pouvoirs de Mari sont nombreux. Mari est la « Nature », c’est « Dieu » ; on lui fait des sacrifices d’animaux et des offrandes d’argent. Cela explique pourquoi elle est entrées en conflit avec la religion qui la rejetée dans un contexte « autre », dans un monde différent de celui où elle régnait autrefois sans partage. Le personnage de Mari est devenu de plus en plus flou.
Mari da, dudarik gabe, euskal mitologiaren pertsonaiarik nagusiena. Zoritxarrez gaur egun, XX. mendearen hasieran Barandiaranek eta bere laguntzaileek bildu zituzten lekukotasunen bidez baizik ez dugu ezagutzen. Mariren mitoa agertuz geroztik, euskal gizarteak zibilizazio anitzi aurre egin die (Iberiarrak, Zeltak, Erromatarrak…). Topaketa horien lekukoa izan baita, ez da harritzekoa Mariren pertsonaiak mila aurpegi izatea.
Marik itxura eta podere anitz dauzka : « Izadia » da, bai eta ere « Jainkoa » ; sakrifikatuak diren animaliak eta dirua eskaintzen zaizkio. Horregatik erlijioak baztertu zuen, behiala osorik menperatzen zuen mundutik kenduz « bestelako » testuinguru batean kokatzeko. Polikinaka Mariren pertsonaia gero eta lainotsuago bihurtu da.
L’origine des Seigneurs de Biscaye :
Lopez de Harro, Seigneur de Biscaye et fondateur de Bilbao, épousa dit-on la déesse Mari. Ils eurent des enfants dont Inigo Gerra. Un jour, Lopez de harro qui était à table avec sa famille fit le signe de la croix ; sa femme alors sortit par la fenêtre avec sa fille. Quittant ainsi le palais, elle s’enfuit dans la montagne de telle sorte qu’on ne la vit plus jamais, ni elle ni sa fille.
On sait par ailleurs, qu’Inigo Gerra offrait à sa mère les entrailles de toutes les vaches tuées dans sa propriété en les exposant sur une montagne. Cette coutume a duré longtemps chez les seigneurs de Biscaye. Ceux qui n’accomplissaient pas ce rite étaient châtiés.
La Dame d’Anboto :
« Quand j'avais 9 ans, je sortis une nuit avec un chaudron plein de châtaignes cuites. Je les sortis de ce chaudron et les mis dans un panier pour les arroser. Je vis alors un flamboiement. Je tournai la tête et je vis alors la Dame d’Anboto qui allait de la grotte d'anboto à celle d’Alona. La dame avait un aspect de femme étendue horizontalement dans l’air comme si elle était en train de nager mais environnée de flammes. En la voyant, je fis le signe de croix et toute apeuré j’appelai mes parents ; lorsqu’ils arrivèrent, ils la virent avant qu’elle ne disparaisse derrière une montagne ».
La Dame de Aketegi :
A la ferme Ithurriotz de Mutiloa, vivait un couple qui avait une fille très désobéissante, dont l’occupation la plus importante était de se peigner sa longue et belle chevelure, ce qui l’empêchait de réaliser les tâches dont elle était chargée.
Un jour, sa mère l’envoya à la fontaine pour chercher de l’eau. A ce moment précis, éclata un fort orage qui fut l’occasion pour la jeune fille de refuser le service. Sa mère déjà fatiguée à force de reprocher sa conduite à sa fille lui dit :
« eh bien, que les éclairs t’emportent ! ». A cet instant la jeune fille fut enlevée et disparut de la vue de sa mère. Presque au même instant, un berger qui faisait paître son troupeau près de la grotte de Aketegi, vit entrer dans la grotte, avec un grand bruit, un mystérieux fantôme humain dont tout le corps lançait des appels.
On croit qu’il s’agit de cette fameuse jeune fille reniée par sa mère et qui, depuis, habite cette lugubre caverne. Il est fréquent de la voir passer en direction de Aralar et de Anboto sous l’aspect d’une faux de feu.
On raconte à Cegama que si quelqu’un l’appelle en disant trois fois : « Aketigiko Dama ! » elle vient se placer au-dessus de sa tête. On dit également qu’à Aketegi, Mari fait la lessive les mercredis et cuit le pain les vendredis. Quand elle est occupée à ces tâches, un petit nuage blanc fait son apparition au-dessus de la grotte.