Les laminak ont-elles à voir avec les Nymphes ?

Dans la mesure où les Lamin basques sont liés aux fontaines, aux résurgences et aux ruisseaux, ont-ils à voir avec les Nymphes ?

En Grèce, ce sont des jeunes femmes ; des séductrices d’une grande beauté. Elles chantent. Tous tombent amoureux d’elles (les dieux comme les hommes).

  • Elles font tourner la tête aux hommes, jusqu’à leur faire perdre la raison. La nymphomane vit sous l’emprise de sa sexualité.
  • Elles ne sont pas immortelles.
  • Elles peuvent s’unir aux hommes et donner naissance à des demi-dieux, à des héros. Elles s’accouplent aussi aux divinités de la nature (Pan, satyres, Priape...) ainsi qu’aux dieux comme Zeus, Apollon, etc.
  • Elles peuvent dérober des enfants ou d’autres mortels ainsi que des héros.
  • Elles vivent dans des lieux obscurs et humides, dans des grottes... Liées à l’eau, on les trouve dans les campagnes, les bois, les montagnes. Elles peuplent la nature. On les représente parfois tenant une coquille d’où s’échappe de l’eau.
  • Liées à l’eau qui jaillit et qui court, elles peuvent assurer la fécondité. Elles peuvent régénérer, purifier et guérir.
Lisbonne, Musée dos Jeronimos.Relief à 3 nymphes, seconde moitié du 2nd siècle après J-C

Une grande diversité de nymphes

On connaît une grande diversité de nymphes : les océanides, les naïades, les néréides, les hyades, les oréades, les danaïdes, etc. Certaines sont restées célèbres : Echo, Calypso, Circé, Harmonie....

Dans toute cette galerie, les néréides ont le tronc d’une femme et le bas du corps sous forme de poisson.

Outre la tentation pouvant conduire à la déraison, la nymphe représentera l’idéal de la beauté féminine.

Nymphes et « jeunes filles »

De nombreux autels romains dédiés aux nymphes ont été retrouvés en Aquitaine romaine où s’étendait alors une culture basque. En particulier dans les thermes de Luchon où Sacaze en rapporte une vingtaine. On en rapporte aussi en Pays basque sud.

Par ailleurs, à Amélie-les-bains, on a trouvé des ex-votos portant des inscriptions dont l’une est dédiée aux Kantae Niskae, qui seraient, selon Sacaze, les divinités de la source. Niskae renvoie à Neska. On sait que Nescato est un prénom aquitain de l’époque, Sacaze le signale à Saléchan.

Les Basques avaient certainement fait un lien entre source et jeune femme bien avant que les romains ne leur permette de le consolider et de lui donner forme.

En résumé

Les Lamin basques offrent de nombreux traits communs avec cette entité. Ils en sont en grande partie l’équivalent.

Barandiaran disait que « dans certaines légendes des génies étaient connus sous le nom de lamia, lamiña ou lamiñaku. Ils font l‘objet de croyances populaires certaines étant reliées au cycle mythologique des anciennes nymphes ». (Obras completas, 1973, t. II, p. 194).