Les laminak : en résumé ...

En résumé, tout se passe comme si, avant la venue de Rome, les pyrénéens, avaient fait naître dans les grottes et les résurgences, des entités faites d’hommes et de femmes (séductrices ?) de la nuit, possesseurs de richesses, maîtres de la blancheur, de l’éclat.

Ces êtres furent interprétés à la lumière des mythes gréco-romains puis chargés et dévalorisés par le rigorisme d’un monde clérical officiel ; probablement après le Moyen Age.

« Tout au long du Moyen Âge par la voie de ses clercs ou de ses pontifes [l’Église] avait fait entendre des protestations ou des avertissements plus ou moins sévères à l’adresse de ceux qui perpétuaient le souvenir des dieux ; dès l’aube de la Renaissance, elle recommence de censurer les « païens » qui les glorifient [...] il est facile de constater que les dieux n’ont pas trop souffert de ces accès de vertu, et que la mythologie a continué de plus belle à peupler de nudités les galeries et les palais, avec l’aveu et l’encouragement de l’Église elle-même, dans la personne de ses prélats » (Seznec, 1993)

Il est vrai qu’avec le mythe on apprivoisait des peurs mais l’Église avait un but autrement plus ambitieux, c’était celui de donner de la cohérence et du sens dans un monde où d’un côté il y avait le bien (ce que disait le dogme) et l’autre, le mal (tout le reste)... tout du moins, en théorie !.

A la dérive, ce mythe finit par sédimenter dans toute sorte de contexte qu’enrichissaient les récits populaires. C’est ainsi, probablement, que ce petit être (porte-parole de notre inconscient) finit par s’engluer dans le cycle des Lamia, des Hadas pyrénéennes, des sorgin, etc.

Cette façon de voir permet de rendre compte de l’ambivalence du personnage tel que nous le livrent les diverses collectes.

Un couple avec des entités solaires ?

Un signe semble nous dire que ces êtres de la nuit ont pu former un couple avec des entités solaires (peut être ont-ils appartenus à la dualité Egu-Hil ?).

Dans des récits les Lamin furent détruits par une paire de taureaux attelés, labourant le lit des rivières (le labour n’ensanglante pas toujours l’eau car c’est parfois une herse qui permit de les agripper aux cheveux et de s’en débarrasser). Ces bovins étaient nés au matin de la Saint Jean. En plein solstice.