Dans bien des récits le thème du sorcier a débordé et englobé plusieurs entités du répertoire mythologique basque. Le Lamin est l’un de ceux qui fut le plus contaminé.
Par son lien avec la grotte, le Lamin fut très vulnérable. Comme d’autres entités des grottes, en premier lieu la Dame ou Mari, il a été confondu avec « sorgin », cette entité complexe et floue qui fut copieusement diabolisée. Dans cette entreprise, le rôle du cléricalisme s’il fut décisif, ne fut pas unique.
Le juge de Lancre pointe du doigt ces lieux écartés propices aux sabbats : « l’âpreté et hauteur de ces montagnes, l’obscurité des antres qui s’y rencontrent, les cavernes grottes et chambres d’amour qui se trouvent le long de cette côte de mer».
A Zugarramurdi il y a deux grandes grottes qui ont pour nom Akelarre lezea ou Lamin lezea et Sorgin lezea. Devant la première se trouve un pré qui fut un célèbre akelarre (lieu où se tient le sabbat), il porte même ce nom. A Dima se trouve un pré ou petralanda, où se réunissaient tant les Sorgin que les Lamin qui vivaient dans une source d’eau ferrugineuse proche.
Par son aspect souvent féminin, le Lamin deviendra la sorcière.
Par son lien avec l’eau, son habitude de peigner sa chevelure sur les rives, le Lamin sera confondu avec une sorcière, laquelle fréquenterait aussi ces lieux ainsi que les lavoirs (toujours cette hantise de la femme).