ZEZENGORRI :
C’est sous l’aspect d’un animal rouge que se manifeste un grand nombre de génies souterrains. Les récits anciens parlent de Zezengorri (le taureau rouge), de Behigorri (la vache rouge), de Txalgorri (le taurillon rouge)… Tout ce bestiaire fantastique nous surprend par sa coïncidence avec les représentations animales des grottes ornées du Paléolithique ! Les premiers éleveurs ont-ils échangé des rites et des croyances avec les chasseurs de la Préhistoire ? Ont-ils vu de leurs yeux les peintures rupestres ? Quant à Zaldia (le cheval), il est une des nombreuses manifestations de Mari ! Dans beaucoup de civilisations, le cheval est un symbole associé à la Terre-Mère, à la Mère mémoire du monde...
Lurpeko jeinu anitzek animalia gorri baten itxura hartzen dute gizakiei agertzeko. Lehengo kontakizunek Zezengorri, Behigorri eta Txalgorri aipatzen dituzte… Animalia-bilduma ikaragarri honek zur eta lur uzten gaitu Paleolitikoko harpe apainduetan aurkitu diren animalien irudi berak erakusten dizkigunean ! Lehen abeltzainek historiaurreko ihiztariekin erritoak eta sinesmenak trukatu ote zituzten ? Labar-pinturak beren begiez ikusi ote zituzten ? Zaldia aipatuz, erran daiteke Mariren adierazpen anitzetarik bat dela ! Zibilizazio anitzetan, zaldia Ama-Lurrari lotua da, munduaren oroimena den Amari…
La Génisse Rouge :
La maîtresse de la maison Irabi à Amezketa demanda un jour à sa fille, d’aller chercher une génisse jour qui avait disparu. Mais la fille refusa. Alors sa mère lui jeta cette malédiction : « Que le diable t’emporte si tu ne la ramène pas ! ». La fille sortit de sa recherche et, dans un champ, elle aperçut une vache rouge. Croyant qu’il s’agissait de leur bête, elle s’en approcha et elle l’empoigna par la queue. C’est alors que l’animal, en fait le Diable ou Mari de Marizulo, l’amena dans la grotte de Txindoki dans le massif d’Aralar.
La jument du gouffre d’Obantzun :
Dans une maison d’Etsoinberri, le domestique et la servant avaient l’habitude, le soir venu, de mettre à l’étable une jument qui paissait à travers la montagne durant le jour. Celui qui la rencontrait la premier la chevauchait jusqu’à l’étable.
Un jour, la servante l’avait aperçue la première, elle courut à sa rencontre pour la caresser et elle lui monta dessus. La jument se dirigea alors brusquement vers le gouffre d’Obantzun et s’y précipita avec sa cavalière. Le domestique vint jusqu’au bord du gouffre mais il ne vit plus rien.
Il retourna, terrorisé à la ferme en se demandant quel pouvait bien être ce cheval lorsqu’il vit la véritable jument d’Etsoinberri, en train de paître sur une prairie.
Très longtemps après la disparition de la jeune femme, et alors qu’aucune nouvelle n’était parvenue, on découvrit un jour son bracelet et ses boucles d’oreilles à la fontaine d’Iturran.
Nos ancêtres les chamanes :
L’art paléolithique de France et d’Espagne offre un ensemble exceptionnellement riche de documents sur la manière dont l’humanité s’est forgée en ces lieux une identité reconnaissable… Lorsque la société telle que nous la connaissons a pris naissance, une façon de concevoir la « réalité » et un certain cadre ont vu le jour. Ce cadre a en partie survécu au déclin du chamanisme dans certaines parties du monde. Finalement, il a imprimé sa marque à ce que l’on appelle les « grandes religions ». Elles postulent toujours un monde inférieur et un monde supérieur, des visions les concernant et des personnages extraordinaires qui, de façon symbolique ou réelle, se déplacent entre ces mondes. Nous n’avons pas échappé aux concepts du Paléolithique supérieur (Jean Clottes et David Lewis-Williams).